Voyage atelier 2011

Journal du voyage atelier

 

 

Première partie par Hammou.

Arrivé de Nédroma par le car de nuit , il a attendu Marie Laure à l’aéroport ayant compris qu’elle serait seule de 10h30 à 13h45, avant notre arrivée de Toulouse!

 

Journal de Hammou complété par Danièle :

 

VOYAGE  A GHARDAÏA

19/5/2011 À 10h 30 Arrivée de Marie-Laure à l’aéroport d’Alger. Quelle joie de  revoir un visage si longtemps absent! On s’attable sur la terrasse d’un café de l’aéroport pour attendre le reste du groupe. A 11h15 Rabah nous rejoint. Il m’appelle tout de suite par mon nom comme s’il me connaissait depuis toujours. Pourtant c’est la première fois que l’on se voit. Il y a de la Danièle là-dessous. Le reste du groupe constitué de 07 personnes, débarque à 13h45 à l’aéroport. Retrouvailles et embrassades. Je retrouve avec un grand plaisir Danièle qui se charge de faire les présentations. C’est ainsi que je fais la connaissance de Jean François, de Christian et son épouse Nicole, de Claude, de Marie Hélène, de Marie Madeleine.

 

15h30 : La petite troupe rejoint le bus de Nadir garé dans le parking de l’aéroport. Tout le monde est heureux. C’est parti pour le long voyage vers le sud, vers le pays du M’Zab. Nous découvrons des paysages merveilleux. Dans les gorges de la Chiffa des petits singes se précipitent vers le bord de la route en quête de pitance que les voyageurs ravis ne manquent pas de leur jeter sur le talus. Des véhicules se garent au bord de la route sinueuse qui s’enfonce au milieu des montagnes sous une pluie fine qui commence à tomber. Les flashs crépitent de toutes parts pour fixer l’image de ces primates qui semblent très instables et passablement méfiants. Des fellahs vendent des fruits au bord de la route. Danièle nous achète un kilo de cerises que l’on déguste en cours de route dans le bus.

 

18h45 : Arrivée à l’hôtel El-Amir de  Djelfa. Je partage une chambre avec Jean François que je commence à découvrir. Personnage calme et réfléchi qui me fait une très bonne impression.

 

Le 20/5/2011, Petit déjeuner. Je commence à découvrir mes nouveaux amis. Claude me plait par son franc-parler et sa volubilité. Elle n’a vraiment pas froid aux yeux. Elle a la réplique facile et instantanée. Elle est spontanée. C’est une dame  remarquable.

8h : départ sur Ghardaïa. La route est excellente, le paysage uniforme. Des étendues immenses et plates chevauchées à l’horizon par des montagnes de forme rhombique qui se succèdent tout au long de la route sous un ciel changeant,tantôt lugubre tantôt étincelant de lumière. La pluie tombe drue par intermittence. Nous entonnons quelques vieilles chansons scolaires pour tromper notre lassitude, des chansons qui me font revivre quelques moments de mon enfance. Après la ville de Laghouat, la végétation se fait plus rare. Nous traversons des contrées totalement désertiques. Toutefois de temps à autre, nous pouvons apercevoir, en plein désert, des petits groupes de deux ou trois hommes sortis de nulle part, assis en tailleur à même le sol non loin de la route, en train de deviser entre eux.

12h15 : Arrivée à Ghardaïa. Un choc ! Une ville du sud que je découvre pour la première fois. Les quartiers sont ramassés. Des maisons bâties sur des collines sont collées les unes aux autres. La couleur ocre est dominante. Les palmiers émergent de partout dressant leurs longues feuilles pointues dans le ciel devenu brusquement plus clément.

Messaoud nous attend sur une descente, à l’entrée de la ville. Nous suivons son véhicule et nous arrivons chez lui vers 12h35. L’accueil est des plus chaleureux. Zohra directrice d’un CEM est là également pour nous recevoir avec l’épouse de Messaoud. Très sympathique ! Nos hôtes nous reçoivent, comme l’exige la coutume, avec des dattes et du lait que nous dégustons avec plaisir.

 

14h : Je me rends avec Messaoud à la mosquée pour la prière du vendredi.

14h40 : Retour à la maison où nous sommes invités à déguster un couscous succulent. Deux plats nous sont servis: Un couscous à la farine de blé et un autre à la farine d’orge très appétissant.

Abdelmadjid, le président de l’association « sauvegarde du patrimoine de Ghardaïa » nous rejoint.

Une séance de travail est entamée entre Danièle, Abdelmadjid et Messaoud pour actualiser et arrêter le programme définitif.

 

18h Première séance mixte d’activité. Les collègues nationaux, des enseignants et des chefs d’établissements de Ghardaïa se joignent au groupe.  La  réunion se tient au siège de l’association « Sauvegarde du patrimoine de Ghardaïa » situé au centre ville. Après un rapide tour de table où chaque participant est invité à se présenter et à exprimer ce qu’il attend de ce stage de formation sur le thème de l’éducation citoyenne, le sujet du jour est abordé.

 

Quelques exemples d’actions réalisées par des participants dans le cadre de l’éducation citoyenne sont livrés à l’assistance. Les débats sont assez animés et tout le monde participe avec conviction.

 

Technique inspirée de Lévine : le bâton de parole circule , on peut parler tant qu’on l’a ; on peut aussi passer son tour. L’animateur n’intervient pas.

C’est Marie-Hélène qui lance les débats en posant la question sur la violence,

Circulation du bâton de parole pour donner son point de vue sur la question : « Peut-on éradiquer la violence ? » – Les avis sont partagés. Beaucoup de participants pensent qu’elle est très difficile à éviter et à combattre. Certains l’estiment même nécessaire dans certaines situations.

On parle de supprimer les envies (parler plutôt de combattre le dépit causé par l’envie chez les personnes envieuses) – de réduire la violence – de rétroaction – de juguler- de violence utile ??? – de convertir la violence en énergie ??? – d’impossibilité de l’éradiquer – de croire à la diversité – de prendre du recul – d’être disponible pour l’échange. D’acceptation de l’autre – en milieu scolaire établir une charte, un règlement pour combattre la violence – avoir le courage de s’excuser et de pardonner- être tolérant et respectueux d’autrui.  Telles sont les expressions qui reviennent le plus souvent dans les propos des intervenants.

Quelques remarques : Recrudescence de la violence dans la ville, situation psychologique des enfants nés dans les années noires du terrorisme.

19h30 : Régulation : Danièle reprend les principales idées qui ont été abordées.

Elle rappelle l’objectif qui n’est pas de traiter directement le sujet en cherchant la réponse unique, mais de montrer que le dispositif en lui même est facteur de paix et permet à chacun d’avancer dans sa propre réflexion.

 

21/5/2011 : 9h – Visite de la ville de Metlili à 22 km de Ghardaïa. Le directeur d’une école primaire nous reçoit dans son costume traditionnel et nous conduit à travers les ruelles pour nous faire visiter les vestiges de la ville.

 

11h40 : Visite de la palmeraie de Seb-Seb à 15 km de Metlili. Repas sous une « zriba » (hutte construite en feuilles de palmier) dans un vaste domaine agricole.  La verdure qui domine dans cet espace est surprenante.

Les activités débutent par le jeu des prénoms. Puis, chaque participant est invité à faire part de ses attentes, des questions qu’il se pose et des possibles à réaliser dans le cadre de cette formation pour permettre la mise au point définitive du programme qui devra intégrer éventuellement les propositions des participants.

Un blason est remis à chaque participant pour y porter l’état de ses représentations concernant le sujet en rapport à l’éducation citoyenne. Je sens une véritable préoccupation chez les collègues de Ghardaïa, concernant le phénomène de  la violence. Ce fléau à ma connaissance ne semble pas être trop répandu dans la région, cependant. Le manque de temps n’a pas permis l’exploitation des blasons. Dommage, cela aurait pu nous édifier sur les représentations de chacun pour pouvoir approfondir la réflexion sur le sujet.

 

Les blasons des groupes sont affichés pour rester sous nos yeux notamment en ce qui concerne les questions que l’on se pose.

 

13h30 : Ateliers proposés :

atelier philo : la peur de l’autre durée 1h30’

atelier philo type Lévine (temps 20mn)

bilan de la journée 10 mn

 

14h Repas : couscous, Thé préparé par le directeur de l’école de Metlili.

15h : une troupe folklorique joue quelques vieilles rengaines du sud.

 

15h30 , Travaux : exploitation du texte « Vincent et la bande des grands ».

Lecture collective du texte.

Travaux de groupe pour rechercher une question susceptible d’approfondir le sujet et lancer le débat sur la citoyenneté et la violence.

Question principale : se moquer d’autrui peut-il être considéré comme un simple jeu ?

 

Le débat s’est focalisé sur les questions suivantes :

La méchanceté peut-elle être innocente ?

Comment peut-on être méchant ?

Comment maitriser sa peur face à l’autre ?

Quel est le rapport entre la force et la violence ?

Les moqueries aboutissent-elles toujours à la violence ?

Le méchant est-il toujours violent ?

 

La méchanceté serait une tendance installée à vouloir nuire à l’autre. La violence serait ponctuellement armée par le désir de supprimer l’autre au lieu de construire du vivre ensemble dans la différence. A l’origine : sur- estime de soi et amour propre exagérés que l’on veut défendre à n’importe quel prix? Réflexion à méditer !

 

Jean François nous relate un film pour illustrer la méchanceté et rapporte comment un moine bouddhiste a réagi pour faire prendre conscience à l’enfant fautif et pour lui faire sentir physiquement et moralement une douleur semblable à celle qu’il fait subir à des animaux innocents.

Le film qui raconte l’histoire d’un enfant qui avait l’habitude, par jeu, d’attacher une pierre sur le dos d’un crapaud, puis sur celui d’un serpent et enfin sur le dos d’un poisson que nous relate Jean François. Histoire vraiment édifiante. L’intervention du moine bouddhiste pour éduquer l’enfant consiste à lui faire sentir le poids de son comportement néfaste en lui chargeant une lourde pierre sur le dos pour qu’il sente le mal qu’il fait aux bêtes. Le procédé est très significatif et constitue un bel exemple du type d’actions qui peuvent être menées pour combattre la violence.

 

La distinction entre méchanceté et violence est ainsi illustrée : le moine veut le bien de l’enfant!

17h30 : bilan de la journée par Danièle qui reprend les idées les plus significatives.

 

17h30 – 18h30 : visite de la palmeraie et des dunes de sable de Seb-Seb et retour à Ghardaïa

 

22/5/2011.

Ordre du jour :

atelier ARP ( Atelier Recherche Philo-pédagogie) par Marie-Laure

séance sur l’écoute (grille de Porter) par Danièle

café-citoyen (par Christian et Jean François) sur l’avenir de la planète.

 

Marie-Laure propose un support sous forme de bande dessinée représentant deux baudets reliés par une corde qui ne leur permet pas de se nourrir. Ils sont condamnés à s’entendre pour être en mesure d’atteindre ensemble l’un des deux tas de foin. Il faut que l’un des deux animaux cède. Exemple édifiant pour dépasser l’égoïsme et agir dans l’intérêt commun.

Elle guide les activités d’observation Elle réussit à motiver les participants et à susciter leurs interventions pour aboutir à un résultat qui ne fait pas l’unanimité mais que la majorité semble accepter toutefois :

il faut être capable de céder pour l’intérêt commun.

Il faut s’aider pour résoudre un problème.

Il faut s’aimer pour s’aider.

 

Proposition par Marie-Laure d’un commentaire « identificatoire » sur la liste avec adresses des participants, et ce pour qu’on puisse mettre un visage et des histoires sur les noms des personnes.

Tout le monde trouve que c’est une bonne idée!

 

12h, Visite de la palmeraie : gestion des eaux d’irrigation, système de répartition des eaux dans les quartiers de Ghardaïa. Un professeur nous donne toutes les explications concernant le système qui existe depuis plus d’un siècle. Le site, avec ses insondables galeries souterraines est vraiment impressionnant.

 

14h : Visite d’un domaine situé à quelques km de Ghardaïa et repas. Nous visitons un petit zoo aménagé à l’intérieur du domaine, abritant plusieurs espèces d’animaux : fennecs, chacal, dromadaires, paons, faucons, autruche….

 

14h45 : Activités centrées sur l’écoute,

Sujet : « Un collègue vient solliciter votre aide pour tenter de résoudre un problème qui se pose dans sa classe.  Un groupe d’élèves a pris en souffre-douleur un camarade et lui fait vivre un enfer. Je ne sais plus quoi faire, se plaint l’enseignant ».

Plusieurs actions sont proposées par les participants réunis en groupes pour amener les agresseurs à cesser leurs comportements néfastes. Aucune ne semble assez satisfaisante cependant pour régler le problème.

 

Et le problème n’était pas de trouver une solution à la place de l’enseignant mais d’imaginer comment l’aider. L’animatrice se propose une autre fois de commencer par une analyse de pratique, les participants ayant eu envie de résoudre le problème à la place de l’enseignant, il faudra sans doute prendre du temps pour aborder la résolution de conflit en analyse de pratiques avant la présentation de la grille de Porter.

 

Présentation de la grille de Porter

Quand on porte un jugement sur une personne, on le fait par rapport à ses propres valeurs.

Quand on procède à une interprétation, on propose un autre sens, une autre signification des faits ou des propos de quelqu’un.

On peut apporter son soutien en encourageant un intervenant ou en cas de conflit en relativisant et dédramatiser la situation.

On peut apporter une aide par des conseils, des suggestions ou même proposer une solution au problème exposé.

On retient qu’il est important de toujours s’assurer d’avoir bien compris le sens du message que transmet l’autre.

Telles sont quelques vérités qu’il faut prendre en considération dans les relations humaines.

 

23/5/2011 :  9h – ordre du jour :

café-citoyen

projection du film

RP sur l’identité, sur la loi, sur l’écoute.

 

Les travaux débutent par une régulation qui reprend succinctement les activités de la veille pour dégager leur sens et adapter la suite .

 

Règles du café-citoyen : Jean François énumère les consignes et présente les principes de base d’un café-citoyen. Il donne les explications sur le fonctionnement et les objectifs de cette structure.

 

Le sujet concernant les problèmes de la planète abordé par Christian permet aux participants d’accéder à des informations utiles pour comprendre la source de certains dysfonctionnements des sociétés. Dysfonctionnements liés aux rapports :  Moyens de production / problèmes de croissance qui posent deux questions essentielles : quelle est la solution ? et que cherche t-on dans la vie ?

Débats animés mais qui sont restés ,à un niveau théorique.

Le café citoyen n’est pas le lieu où des combats sociaux se décident mais où peuvent se faire des prises de conscience.

 

12h : Départ vers la ville de Berriane. Arrivée à 12h30. Visite du domaine et repas sous une Khaïma installée à l’intérieur du domaine. Le propriétaire héberge à ses frais quelques étudiants nécessiteux. Bel exemple de générosité.

 

14h : activités centrées sur des expériences vécues. Les participants sont invités à raconter une expérience liée à la violence qu’ils ont pu vivre. Un débat est organisé. Chacun exprime son avis sur les situations présentées par les intervenants.

16h : bilan de la journée et retour sur Ghardaïa.

 

18h : visite de Béni Izguène. C’est un gros bourg renfermé sur lui-même, qui ne se laisse pas observer facilement. On voit très peu de gens dans les ruelles étroites. Les portes et fenêtres des maisons sont closes. Sur la place du marché, les hommes sont assis en rond par petits groupes. Le site renferme des trésors d’archéologie. Les quatre portes donnant accès au bourg doivent être fermées à 19h 30.

 

24/5/2011. 9h – 13h : visite du marché, shopping.

13h – 15h repas chez Aïcha : accueil particulièrement sympathique.

15h – 16h : Bilan de la formation : blason et expérience vécue.

 

Les blasons sont très (trop!) rapidement commentés faute de temps.

Un jeu poétique sur les analogies est présenté par Marie Laure , il est justifié par l’animatrice et bien apprécié.

 

Les trois thèmes qui m’ont paru les plus significatifs dans le programme sont les suivants:

1.Débat sur le texte « Vincent et la bande des grands ».

2.L’interprétation des dessins présentés par Marie-Laure et les débats auxquels ils ont donné lieu.

3.L’aide sollicitée par l’enseignant démuni devant un problème qu’il ne parvient pas à résoudre seul.

4.L’exemple du film avancé par Jean François : l’enfant qui martyrise des bêtes en leur attachant de lourdes pierres sur le dos.

 

Ces quatre situations, chacune dans sa spécificité, ont motivé les participants et leur ont permis d’échanger et de débattre sur les causes et les effets de la violence et surtout de réfléchir à des pistes de solutions pour résoudre les problèmes posés.

 

Pour ce qui est de la méthode de travail adoptée qui s’appuie sur des  activités organisées en « ateliers d’interrogation collective » les résultats me semblent assez encourageants puisqu’ils ont donné lieu à  des débats particulièrement instructifs en ce sens que chacun a pu prendre la parole s’efforçant de faire appel à son vécu, prenant appui parfois sur des situations de la vie professionnelle ou sociale. Ce qui a conféré une certaine authenticité aux discours.

Les communications sur les expériences vécues se sont révélées édifiantes et ont permis aux participants d’accéder à d’utiles informations sur les comportements adoptés par leurs collègues et d’apprécier les actions mises en œuvre pour essayer de juguler la violence et d’installer des comportements de tolérance, d’amitié et de concorde en milieu scolaire particulièrement.

J’aurais aimé que l’on accorde un peu plus de temps à l’exploitation des différents blasons pour avoir une idée des représentations du groupe concernant les différents concepts présentés.

 

17h : Le cœur lourd, je dois prendre le chemin du retour vers Nédroma, laissant mes amis finir leurs discours. Je ne veux point parler des adieux de ce jour.

 

Hammou (les remarques en italique et en caractères gras sont de moi )

 

 

Deuxième partie : après le départ de Hammou retourné chez lui…

 

La session de Guardaïa se termine par une allocution de Messaoud et une remise de diplômes et de cadeaux. Nous sommes tous très touchés par les attentions qui nous sont témoignées. Et, malgré notre grande fatigue nous prenons le bus vers le site hôtelier en oasis où Messaoud tient à nous faire découvrir un coucher de soleil unique, un orchestre local de musique folklorique et un humoriste apprécié dans la région.

Plusieurs d’entre nous dansent avec les musiciens qui nous prêtent leurs fusils de spectacle…

Nous rentrons à 23h30 après avoir salué et remercié Zohra et Messaoud que nous ne reverrons plus avant notre départ pour Tipaza prévu à 7h le lendemain mercredi !

 

Mercredi 25 mai, nous partons à l’heure.

Le bus est beaucoup plus calme qu’à l’aller, la fatigue et le manque de sommeil se font sentir mais la joie est grande d’avoir pu vivre cette aventure avec nos amis du sud.

Nous nous arrêtons en route pour déguster des brochettes et nous nous renseignons pour savoir comment aller à Tibirrhine que nous avons envie de voir..

La montagne est bien gardée, hélas le frère jardinier ne vient ouvrir que le jeudi nous dit un villageois heureux de nous parler de ces hommes qu’il a connus , une grande mosquée est en construction en face du monastère.

Nous reprenons la route pour Tipaza le coeur plein du souvenir de ces moines magnifiques dans leur simplicité, qui ont prié ici et témoigné avec quelle grandeur de leur amour profond des hommes de ce pays.

Arrivée et dîner à 20h.au village de vacances du Grand Bleu à Tipaza.

 

Jeudi 26 mai

C’est une journée que nous avons voulu libre jusqu’à 17h.

Nadir nous conduit aux ruines où nous prenons un(e) guide, qui commente le site et accompagne la visite du musée.

Nous avions prévu sur place un jeu de piste pour retrouver la stèle de Camus, et ses absinthes mais d’absinthes point, et je suis appelée à l’entrée par Hamida qui est très prise en cette période d’examens. J’abandonne le groupe pour la retrouver. Intéressée par la session elle me promet de faire le maximum pour tout suivre!Retour au Grand Bleu.

Nous commençons la session à 17h

Après un tour de table de présentations, et un jeu pour associer visages et prénoms, la bonne humeur est installée.

Parmi les participants , nos correspondants Rabah et Nacer qui regrettent d’être aussi occupés en cette période d’examens, mon amie Hamida, deux jeunes (un informaticien Omar et un enseignant Amine, invités par Nacer), Brahim de Fouka (chef de centre donc qui sera peu présent), Brahim de Berriane qui nous a rejoint pour continuer la session de Ghardaia, et Sid Ali directeur de la fédération des échecs qui s’intéresse à notre challenge!.

Un travail de groupe est proposé pour réaliser le blason des représentations initiales et des questions qu’on se pose sur le sujet de l’éducation citoyenne . Nous avons tiré les leçons de la séance de Ghardaia et l’exploitation est plus facile.

Un mini atelier-‘ philo’ est lancé à partir d’une phrase d’Albert Camus relevée par Nicole:

 

«  Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde! »

 

Atelier avec bâton de parole sans intervention de l’animateur

Les réflexions fusent : Toute la vie on se cherche, on est un mystère pour soi, on a une grande part d’obscur, on est une mine à creuser, on joue souvent malgré soi un personnage. Le plus important nous est donné et nous reste inconnu… Connais-toi toi même, cela ne va pas de soi!

Les nouveaux sont étonnés d’avoir pleinement la parole et de se découvrir sujets pensants reconnus et intéressants pour les autres!

A 21h le groupe musical Nassim Essabah, jeune groupe de bénévoles, spécialisé dans la musique arabo-andalouse nous donne un concert en costumes magnifiques, avec deux jeunes enfants musiciens très sérieux et superbes, la relève est assurée!

Le président Mustapha Berlinguer nous explique son association, le courant passe bien!

 

Vendredi 27 mai

 

Régulation pour dégager le sens de ce qui s’est fait et annoncer qu’on fera un choix dans le programme.

Puis présentation par Marie Laure d’un autre jeu de prénoms avec un objet qu’on lance en donnant le nom d’un participant qui n’a pas encore été nommé.

 

Atelier ARP à partir d’un film de Franck Lepage humoriste  « La langue de bois et le politique ». On choisit de s’interroger sur

 

« Qu’est-ce que dire quelque chose? »

 

Échange qui amène à se demander si on ne parle pas aussi avec autre chose que des mots ( gestes, attitudes) et si à travers nos mots on ne dit pas quelquefois d’autres « vérités », peut être trop difficiles à dire socialement en direct !…L’homme est un être de paroles conscientes ou pas…

 

Atelier de l’après midi préparé par M Laure et Sid Ali. Il commence par une mise en scène qui dérange une partie de l’assistance. Le thème de la loi est introduit, la stratégie de formation questionnée .

Le support est un extrait d’un roman de Lipman : « Pixie »

Le tour de table final confirme que la stratégie d’animation était basée sur la provocation, ce qui est discuté!

15h30 Départ pour visiter Cherchell et dîner sur place chez nos hôtes musiciens

19h Thé chez Abdelkrim peintre qui nous montre le presbytère où il habite et dont il entretient la chapelle, c’est très touchant pour nous, d’apprendre qu’il a connu les moines de Tibirhine… Youcef réalise des calligraphies de nos prénoms, c’est très beau.

Nous sommes ensuite reçus somptueusement dans une villa, celle du père des deux petits musiciens, , très attentif à notre bien être.

Les musiciens de l’orchestre jouent toutes sortes de morceaux dans la joie et nous pouvons là encore danser avec eux!

 

Samedi 28 mai

Intervention de Marie laure sur le vécu de la veille , elle s’explique sur sa conception de l’animation et sur ses objectifs.

Reprise par Danièle sur les différents dispositifs pratiqués, le protocole ARP et les supports-lanceurs ( texte court, extrait de roman, film, BD…)

Présentation rapide d’un outil « L’analyse de pratiques »( GAP) qui permet entre pairs de se solidariser et de s’enrichir en procédant à des études de cas , hors urgence..

 

Un cas de violence en établissement scolaire est proposé à la réflexion de 3 groupes. Chacun essaie de trouver la meilleure solution pour résoudre le problème à court et à long terme.

On présente le protocole DESC pour la résolution des conflits.: Description objective – Expression des sentiments éprouvés (joie, tristesse, colère, peur…) – Suggestion de solutions – Conséquences positives attendues de ces « solutions »…

On commente ensuite un texte proposé par Nicole sur l’écoute et la non écoute, au lieu de la grille de Porter trop longue à exploiter ici.

 

Idées échangées :

L’écoute empathique est une attitude à conquérir, .l’écoute n’est pas une simple technique. L’important est un véritable intérêt pour l’autre….

 

Travail de réflexion personnelle sur post-it :

« La pire des violences pour moi c’est quand… »

. Les réponses. font apparaître des mots comme « blessure profonde, humiliation , mépris du groupe, ,autorité, liberté, procès d’intention, rejet de la règle…)

Cet exercice permet à chacun de dire ce qui est important pour lui, les réponses sont lues sans commentaire, la diversité de nos seuils de tolérance et de ce qui nous est intolérable apparaît clairement.

Se sentir diminué ou détruit par un geste ou une parole de l’autre, le soupçonner de l’avoir fait exprès… On mesure la part de l’interprétation dans le vécu de la violence symbolique!

Ce moment aurait mérité d’être prolongé! ( refrain connu!)

 

Bilan du stage : Il est fait sous forme de tableau : 1-Ce que je retiens, 2-les questions que je me pose,3- La suite que j’envisage .

L’intérêt des échanges et de l’approfondissement de sujets qui nous touchent, avec les amis d’une autre culture est relevé par tous. La découverte de l’outil atelier de philo est une révélation pour certains.. ceci dit, on regrette les contraintes de temps toujours trop court! Certains auraient préféré plus d’ateliers, d’autres plus de temps libre, d’autres plus de tourisme!!! ce qui se neutralise… L’humour, les chants, les rires ont été appréciés, et bien sûr la naissance d ‘amitiés précieuses

qu’on a envie de voir croître…

Soirée chez Brahim : Nous sommes accueillis par sa charmante famille dans l’amitié.

Un moment de bonheur tout simple et très doux.

 

Dimanche 29

Journée libre : certains vont à Alger avec Omar charmant guide chauffeur et ami. Les autres restent à la plage ou vont en taxi à Tipaza. Repos attendu et bien venu!

21h Fête offerte par les français à leurs amis algériens:

Elle est coordonnée par Marie Laure et permet à chacun de présenter chant, poésie, conte, dans une bonne ambiance de respect et d’ouverture

Nos amis algériens sont venus avec leurs familles, Une fille de Nacer chante seule « À mon beau château », des instruments de musique accompagnent des chants en arabe.. La fête est réussie!.

 

Lundi matin 30

Tout le monde s’en va sauf les Clastres et moi qui nous offrons une semaine de repos-visites-pélérinages sur place ou plus loin.

 

 

Conclusion

 

Ce n’était ni un stage de formation, ni un voyage touristique, ni un colloque international, ni une visite d’amis, ni une session de développement personnel , mais de fait tout cela à la fois… On s’est appris des choses. Cela a été très dur parfois : devoir renoncer à certaines plages de travail, à certaines rencontres comme celle des élèves de Zohra avec les quels on aurait aimé parler, gérer un temps toujours fuyant, gérer les tensions liés à ces difficultés dans les relations, gérer la fatigue, les émotions et le manque de sommeil…

Malgré tout comme Piaf j’ai envie de chanter : «Non rien de rien… »

Cela valait le coup , ô combien ! MERCI

Et à suivre, on ne sait encore trop comment mais on en a envie!!

!

Danièle

 

 

 

 

 

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